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Tourbières menacées par Rabaska

LES TOURBIERES ET LE  PROJET RABASKA

(Le 31 mars 2007)

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE

Par Gisèle Lamoureux et Pierre Cadorette

 

Les auteurs estiment que Rabaska n'accorde pas de valeur aux tourbières, comme si ce n'étaient que des «swamps» indésirables. L'objectif est de valoriser l'écosystème et, en particulier, les tourbières que Rabaska perturbera.

1. Les auteurs expliquent les fonctions que les tourbières exercent, gratuitement, pour le maintien de la vie et de sa qualité. Un article scientifique leur permet de chiffrer la valeur économique de ces services et de comparer les écosystèmes entre eux. Pour 5 des 15 écoservices estimés, les tourbières arrivent au premier rang. Leurs points forts, pour ces 5 services:

· réserve d'eau (3,6 fois plus que les lacs et rivières);

· pouvoir stabilisateur en regard des fluctuations environnementales (tempêtes, verglas, inondations, sécheresses, etc. ne les affectent pas);

· intérêt culturel, éducatif, artistique, esthétique, spirituel, scientifique élevé;

· habitats et refuges essentiels pour la flore ou la faune;

· régulation des gaz (puits de carbone contre les gaz à effet de serre).

 

La valeur des services rendus pour chaque hectare de la tourbière Pointe-Lévis est presque 3 fois la valeur des taxes par hectare que verserait annuellement Rabaska à Lévis pendant 50 ans. 

 

Elles jouent aussi un rôle important dans le traitement des déchets (dont le contrôle de la pollution, la détoxication), dans le tourisme et les sports et loisirs de plein-air (2 fois plus que les lacs et rivières). Au Québec, les tourbières comptent plusieurs plantes menacées ou vulnérables, ce qui en fait un patrimoine naturel exceptionnel.

 

2. Sise sur le site des installations terrestres, la tourbière Pointe-Lévis (13 ha) est la dernière tourbière ombrotrophe entièrement située dans le bassin versant du Saint-Laurent (de Lévis), ce qui lui confère un caractère régional unique et exceptionnel (normes du MDDEP). Le promoteur en prévoit la perte totale. Pour justifier cette destruction, il la dénigre systématiquement: selon lui, elle n'apparaît dans aucune banque d'information, d'importants travaux de drainage l'affectent, provoquant son assèchement, et la perturbation additionnelle qu'entraîne l'implantation du projet est faible (une perte totale!).

 

Les auteurs réfutent le tout. Ils déposent quatre cartes la répertoriant et des renseignements provenant de la banque d'information de la CMQ. Ils démontrent que les importants travaux de drainage consistent en un seul fossé, bien incapable d'assécher une tourbière de 13 ha. Ils jugent que la description et l'inventaire du promoteur relève de l'amateurisme, ne permettant aucunement de caractériser le stade d'évolution, encore moins de prouver l'assèchement. Au total, les auteurs démontrent que l'impact additionnel sur cette tourbière, au lieu d'être faible, revêt une très forte importances), le classant parmi les effets environnementaux négatifs importants, aux termes de la Loi canadienne sur /'évaluation environnementale.

 

3. Le gazoduc perturbe environ 7,2 km. répartis dans 4 tourbières. Le promoteur les considère si peu, qu'il n'en fait pas la description, ni ne décrit les véritables impacts du gazoduc dans des tourbières, comme s'il s'agissait d'un sol minéral ordinaire. L'examen du tracé laisse croire que le promoteur a délibérément choisi de passer dans des tourbières plutôt que dans des terres agricoles, ce qui sur le plan de la valeur écosystémique est un non-sens.

 

Conclusion

Les auteurs révèlent que le promoteur déclare ne pouvoir ni éviter ni minimiser l'impact sur la tourbière Pointe-Lévis, à cause de contraintes dues à des normes de sécurité et à des faiblesses dans le roc sous-jacent. II ne peut non plus garantir l'intégrité des aquifères. La perte d'une tourbière ne peut être compensée par la création d'une autre. Par ailleurs, les auteurs jugent inutile et injustifié que le gazoduc passe dans des tourbières. Puisqu'il est impossible de déménager des tourbières, les auteurs demandent au promoteur de déménager ses installations dans des écosystèmes de moindre valeur environnementale. Ils demandent aux commissaires de la Commission d'examen conjoint, de ne pas associer leurs noms à la destruction ou à la perturbation de nos dernières tourbières.

 

Pour avoir accès aux documents déposés au BAPE.