|
Accueil |
|
À vous d’agir |
|
Gens d’ici |
|
Environnement |
|
Économie |
|
Communauté |
LE BAPE ET RABASKA : LES DÉS ÉTAIENT DONC PIPÉS… (1 de 2)
27 juillet 2007 |
|
Le vendredi 2 février 2007, soit 10 jours avant la fin des audiences publiques du BAPE et près de 4 mois avant le dépôt du rapport, M. Qussaï Samak, président de la commission d’enquête et d’audience publique du BAPE sur Rabaska, confessait qu’il allait chercher avec ses deux adjoints un équilibre entre les opposants et les partisans, «quitte à ajouter dans les plateaux de la balance les notions de solidarité et d’équité» (Marc Saint-Pierre, Le Soleil, 2 février 2007 ). Or, le chapitre 6 du rapport de la commission s’intitule précisément «entre l’équité et la solidarité». Il y a là une certaine suite dans les idées, mais, en même temps, une certaine idée préconçue. Le principe d’équité serait légitime, selon la commission, pour la communauté vivant à proximité du projet, tandis que «le principe de solidarité pourrait être invoqué en appui du projet» (p. 183). Que faut-il penser de cette façon de décrire ce dilemme, dit apparent» ? Le biais de la commission Pour la commission, les citoyens et les citoyennes qui vivent à l’intérieur de la zone immédiate de danger, c’est-à-dire dans un rayon de 1,5 kilomètres du projet (p. 187), seraient justifiés de s’opposer au dit projet. Les autres ne le seraient pas. Ils devraient être solidaires, en prenant en considération «l’intérêt économique du plus grand nombre» (p. 183). En d’autres mots, ils devraient être partisans de Rabaska, même s’ils vivent à Lévis, à Beaumont ou à l’Île d’Orléans, non loin des installations, à l’intérieur du périmètre de sécurité de 5 km. Ils devraient être «solidaires» de l’économie continentale. Durant les audiences publiques, en effet, M. Qussaï Samak a posé souvent une question insidieuse, en se faisant, disait-il, «l’avocat du diable» . «Que pensez-vous de ceux qui disent que Rabaska pourrait servir à réduire les gaz à effet de serre, en remplaçant des centrales au charbon par le gaz naturel ?» Plus précisément, quoique jamais explicitement, pourquoi ne pas vous sacrifier pour sauver le continent. Caïphe avait posé le même genre de question et l’histoire a retenu son nom pour son cynisme. D’autant plus que le président Samak sait pertinemment que les États-Unis recherchent une indépendance énergétique en recourant au charbon, dont ils regorgent, et que le gaz de Lévis ne leur fera pas changer d’idée. La bourse du carbone semble avoir hanté M. Samak Il faut se rappeler, d’ailleurs, que, le 3 décembre 2005, Qussaï Samak participait à une table ronde sur «Les mécanismes d’échange de droits d’émission des gaz à effet de serre». Le président de cette séance, M. Jean-Pierre Revéret, expliquait que «ces droits d’émission sont distribués aux grandes industries et peuvent s’échanger sur un marché international comme la Bourse» («La pollution et la bourse», Agence Science-Presse). Les grandes industries peuvent donc acheter des certificats qui donnent le droit d’émettre des gaz polluants en toute impunité. Qussaï Samak se contente de dire, lors de cette séance : «Ce processus devra être transparent». Il était déjà membre du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Cette «bourse du carbone» semble avoir hanté M. Samak depuis longtemps, bien qu’elle soit proprement odieuse. |