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PRESENTATION DU NOUVEAU COLLECTIF NATIONAL
CONTRE LE PROJET RABASKA. COLLECTIF STOP AU METHANIER
(le 29 janvier 2008)

Membres du Collectif : Sierra Club, Nature Québec, Ami(e)s de la Terre, Conseil Régional Environnement-Capitale Nationale, Conseil des Monuments et Sites du Québec, Association Citoyenne de l’île d’Orléans, Coalition Rabat-joie, Association de l’île d’Orléans contre le port méthanier, Accès Saint-Laurent Beauport, Giram, Appel, AQLPA.

Appuyés par : NPD Canada, Parti Vert Canada, Greenpeace, Équiterre, Réseau Québécois des Groupes Écologistes, Fondation Rivières, Environnement Jeunesse, QuébecKyoto.

Les raisons pour lesquelles la Collectif a vu le jour.

Depuis que le gouvernement libéral a promulgué le décret autorisant la construction du terminal méthanier Rabaska à Lévis, face à l’Île d’Orléans, les masques tombent un à un et apparaît le vrai visage de Rabaska.  Dès l’annonce de la décision gouvernementale, les deux ministres «responsables», monsieur Béchard et madame Beauchamp, ont tenté de justifier l’injustifiable, mais ils ont paru bien mal à l’aise de le faire. 

Courtisé avec succès depuis plus de quatre ans par le lobby gazier, le gouvernement québécois n’a pas hésité à contourner l’esprit de ses propres lois, tandis que surprises et contradictions sont apparues de façon régulière dans ce dossier. Voici quelques exemples:

· La Commission de protection du territoire agricole a été dessaisie par le gouvernement de son mandat après que celle-ci eut rejeté la demande de dézonage des terres agricoles convoitées par Rabaska. Toutefois, en décidant de relever la CPTAQ de son devoir d’analyse, le Conseil des ministres omettait d’y remplir les obligations connexes.

· Malgré de multiples demandes, le gouvernement québécois refuse de donner le mandat à la Régie de l’énergie d’évaluer les besoins réels en gaz du Québec ainsi que le bien-fondé des terminaux méthaniers sur son territoire.

· Le refus de ce même gouvernement de produire une véritable contre-expertise sur les risques technologiques du projet, malgré plusieurs demandes à cet effet.

· Le refus de certains ministères, dont celui de la Santé et des Services sociaux de rendre publics des rapports ou des informations pertinentes au dossier;

Plusieurs lois sont détournées de leurs objectifs ou simplement «oubliées» : la Loi sur le développement durable, la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, la Loi sur la qualité de l’environnement, la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, et la Charte canadienne des droits et libertés.

La liste s’allonge. Plus récemment, la ministre de la Culture et des Communications, madame Christine St-Pierre, en rajoutait en prétendant que l’implantation de toute cette quincaillerie industrielle lourde n’aurait aucun impact sur sa voisine d’en face, à un peu plus de 1 000 mètres, l’île d’Orléans. Comment peut-elle affirmer cela alors que ni son ministère, ni sa Commission des Biens culturels n’ont consacré une page à l’analyse des impacts paysagers et patrimoniaux du projet Rabaska ?

La palme des déclarations douteuses revient cependant au ministre des Ressources Naturelles lorsqu’il affirme coup sur coup que le Québec doit se libérer de sa dépendance du gaz naturel de l’Ouest canadien et dépendre plutôt du gaz russe et que l’avènement de Rabaska fera baisser le prix du gaz naturel au Québec.  Comment ne pas se méfier de cette affirmation alors que Gazprom, fournisseur avec lequel Rabaska négocie présentement son approvisionnement, est justement l’initiateur de la formation d’un cartel du gaz afin de pouvoir fixer les prix en compagnie de pays comme le Qatar et l’Iran, principaux fournisseurs mondiaux de gaz naturel ?

Demandez aux Européens s’ils préféreraient dépendre du gaz canadien ou du gaz russe de Gazprom, laquelle entreprise n’a pas hésité dans le passé à fermer les vannes à des voisins pour des motifs essentiellement politiques. Les deux reportages diffusés sur RDI la semaine du 18 janvier ont bien démontré qu’en Europe, on cherchait plutôt à diminuer la dépendance envers le géant russe, laquelle est jugée trop risquée. Ici, on veut nous en faire dépendre prétextant devoir réduire notre dépendance du Canada, 3ème pays producteur de gaz au monde. Et on évite bien sûr de faire mention des terminaux présentement en construction dans les provinces maritimes canadiennes qui pourraient s’avérer une excellente solution de rechange si, un jour, le besoin était réel.

Le même reportage sur RDI a également démontré que le prix du gaz naturel, tout comme celui du pétrole, était fixé par le marché international sur lequel le Québec était un bien petit joueur pour s’imaginer avoir une quelconque influence.

Le Journal de Montréal («Jeux de pouvoir, la face cachée de Rabaska», Yves Chartrand, 13 octobre 2007) a dévoilé publiquement que les intérêts qui se cachent derrière Rabaska sont bien proches de la filière libérale traditionnelle. Est-ce la raison du comportement contradictoire du gouvernement dans ce dossier ? Tente-t-il de privilégier encore une fois les intérêts de ses amis au détriment de ceux de la nation ?

Le promoteur et la Ville de Lévis ont, eux aussi, participé au dévoilement du vrai visage de Rabaska.  Ainsi, la période de construction, qui devait durer deux ou trois ans est maintenant ramenée à quatre ou même cinq ans!  La Ville de Lévis a présenté son projet de complexe industriel autour de Rabaska lequel ouvre la porte à l’ajout de deux autres réservoirs.  De plus, les dirigeants de Gaz Métro ont finalement avoué leurs intentions d'exporter une partie du gaz aux États-Unis, contredisant ainsi le discours qu’ils tenaient depuis quatre ans à l’effet que le gaz de Rabaska serait exclusivement pour le Québec et l’Ontario.  Finalement, le promoteur a toujours affirmé que le projet serait bon pour l’environnement : une affirmation aujourd’hui contredite par tous les groupes environnementaux du Québec.

Tout récemment, le scientifique de réputation internationale, Hubert Reeves, a publiquement fait tinter la sonnette d’alarme quant à ce type de projet. Une autre mise en garde est venue de Jean-Claude Lasserre, spécialiste de la voie maritime du Saint-Laurent qui considère « le choix de ce site, tout à fait incompréhensible, autant pour la sécurité que pour l’économie nord-américaine ».

Ainsi donc, bon nombre d’arguments invoqués pour justifier ce projet ont été systématiquement réfutés, certains s’avérant reposés sur des données erronées. À l’inverse, les principaux arguments que les opposants ont tenus contre Rabaska ont été confirmés par des experts indépendants.

Les actions à venir

· Considérant que le gouvernement du Québec, les partenaires du consortium Rabaska et ses supporteurs ont fait appel à une démonstration qui ne résiste pas à l’analyse;

· Considérant que ce même gouvernement n’a pas hésité, et cela au détriment des droits collectifs, à bafouer les lois de l’Assemblée nationale du Québec pour favoriser ce projet privé;

· Considérant que la Loi sur le développement durable doit être appliquée rigoureusement;

· Considérant que le gouvernement du Québec, dans un souci d’équité et de justice, doit toujours placer les droits humains et environnementaux au sommet de ses priorités.

Enfin, dans le but de préserver une démocratie qui nous paraît particulièrement menacée :

Nous invitons toutes les forces vives du Québec, individus, groupes socio-économiques, partis politiques, à se joindre à nous et à faire en sorte qu’un véritable débat public soit résolument engagé afin que le gouvernement du Québec et la Ville de Lévis, reconsidèrent les actions qu’ils ont engagées jusqu’à présent dans ce dossier et utilisent les moyens nécessaires pour contraindre les partenaires du consortium Rabaska à retirer leur projet. 

Comme première action impérative, il faut que mandat soit donné à la Régie de l’énergie du Québec d’évaluer les besoins réels du Québec en matière de gaz naturel et le bien-fondé d’en importer massivement de l’étranger.

Nous rendons public aujourd’hui notre nouveau Manifeste contre Rabaska, qui est une mise à jour du premier publié en 2006. Celui-ci est disponible sur le site internet de notre Collectif (http://stopaumethanier.acio.qc.ca/